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La petite bourle à Tourcoing

16 Août

La petite bourle à Tourcoing, une histoire de générations

Voix du nord du 15/08/2013 Par Paul Guyonnet et Lylian Casier

Jeu vieux de 700 ans, la bourle est une tradition tourquennoise, classée au patrimoine national depuis 2003. Si les lieux de pratique
sont désormais protégés et les habitués nombreux, son expansion aux plus jeunes est plus difficile.

L’objectif est simple, il faut placer sa bourle, palet de bois de deux kilos, dans une cible -l’étaque- située à l’extrémité d’une piste incurvée. « Une équipe joue tout d’un seul coup : elle essaye de se placer le plus près possible du centre du cercle et ensuite, elle fait barrage avec les bourles restantes », détaille Andrée. Les adversaires entrent ensuite en lice pour faire le point, « faire Jo » dans le jargon. À grand coup de frappes ou par des lancers tout en finesse, le commandant dirige ses troupes, toujours dans la bonne humeur. « C’est un jeu plein de stratégie et de technique, je vous défie même de trouver une activité plus technique que celui-ci », ajoute Jean Turpyn, emblématique président de la fédération du Nord.

Dans le jeu, les meilleurs sont souvent les plus expérimentés : « On peut commencer dès quatre ans, mais il faut de l’expérience pour maîtriser la pente de la piste, le poids de la bourle, pour voir le jeu surtout », poursuit-il. Alors pour faire connaître la pratique et grossir les rangs des adeptes, Jean Turpyn et les neuf cercles de la ville ont pris l’habitude de travailler avec les écoles et les centres aérés. Une façon de fédérer et susciter un engouement, dès le plus jeune âge. « Il y a toujours beaucoup d’enthousiasme mais peu de retombées. Peu de jeunes nous rejoignent, ça reste une tradition familiale où la plupart des pratiquants sont amenés à jouer par leurs parents » souffle-t-il, fataliste.

Pourtant, Jean Turpyn ne s’inquiète pas pour l’avenir de la bourle. « On est dans une phase de relance : on fait partie des traditions locales, nos bourloires sont protégées », se félicite-t-il. En 2003, il a obtenu avec l’aide de son compère Jean-Pierre Moerman, et le soutien de Jacques Desmet, le classement de la bourle au patrimoine national. Une immense fierté et le plus beau combat qu’il ait mené pour « sa » bourle. Car cette dernière a failli disparaître, quand en 2000, certaines bourloires tourquennoises étaient menacées de destruction. « Les bulldozers devaient raser le cercle Saint-Christophe alors j’ai dit aux membres du club de venir faire un pique-nique pour bloquer l’accès », se souvient Jean Turpyn. Après des semaines de tractations, le combat est remporté. La suite, on la connait.

« Les bourloires ne peuvent plus être détruites et il y a toujours du monde, donc je suis heureux », ajoute-t-il. Les clubs fonctionnent désormais grâce aux subventions municipales. Et tentent toujours de séduire une nouvelle génération. Pour apporter du sang neuf. Forte de ses 600 pratiquants dont la moitié de joueurs réguliers, la bourle tourquennoise a l’avenir devant elle. À condition d’attirer les plus jeunes.

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Publié par le 16 août 2013 dans Organisations

 

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